Mais oui tu es fortes ma D. tu es surtout courageuse et tu l'as toujours été
Oui mais je souffre c'est dur et j'aimerai qu'on me reconnaisse ça, ça me rend désagréable
Normal tu mobilises toute ton énergie pour vivre, pour respirer, tu n'en as plus pour les autres, je pense qu'on te reconnait et surtout qu'on reconnait ton courage
Atteinte d'une maladie dégénérative ma nièce me parle et nous nous parlons
Et cette force de vie d'où elle me vient, c'est un mystère,
Il se trouve que notre force intérieure existe et que nous l'avons cultivée, moi j'en ai hérité de ma mère ta grand mère, non qu'elle m'ait aidée plutôt le contraire, la forme de maltraitance que j'ai connue m'a fait développer cette force. Je retrouve en moi ce qui l'a poussée à vivre jusqu'à 98 ans en ayant toujours des pensées positives malgré les difficultés, une certaine envie de vivre, un humour même et toi aussi tu la tiens de ta mère qui avait une force qui la rendait parfois dure, mais qui lui permettait de faire face, tu lui ressembles en ça
moi je ne m'en rend pas compte de cette ressemblance... je suis angoissée et dans ces cas je sais que j'aggrave ma respiration
Mais on ne peut pas vivre légèrement quand on a du mal à respirer et que l'on dépend des autres pour cela. Moi quand j'ai un gros coup de blues je pense à toi et je sais que ce n'est rien ce que je vis, mais toi comme moi comme tous les malades, nous sommes seules devant la souffrance et encore plus devant l'angoisse et notre entourage n'y peut rien
Mais on croit que je suis forte
Mais oui, moi aussi on me dit ça, je crois que c'est important qu'on nous croit forte, quelque part nous le sommes, ça rassure notre entourage, ça n'enlève rien à notre souffrance, juste c'est la manière dont nous pouvons la gérer. Je pense que tu as une force intérieure ça je te le répète et qu'en plus ou avec tu as du courage. Mais que c'est dur...
Ainsi dura notre conversation, le mystère de la force intérieure, de la résilience et du désir de vivre.
Qu'est ce qui nous pousse à endurer des choses parfois innacceptables pour rester en vie.
Quelle vie voulons nous mener, à quels renoncements sommes nous prêts?
Je me sens petite, toute petite devant la souffrance physique ou psychologique et je fais de mon mieux quand elle advient.
Chacun se débrouille certainement et creuse son sillon pour ne pas perdre le chemin, son chemin.
En attendant hier soir c'était le repas du hameau, nous avons essuyé un orage mémorable et nous sommes réfugiés dans une grange pour manger. Soirée merveilleuse de convivialité, de bonheur d'être ensemble, de partager, nous les vieux du hameau et eux les jeunes qui s'installent. Petite vingtaine de personnes hors du temps, dans la montagne avec nos différences, nos histoires laissées à la porte, une magnifique sangria, de l'amitié, des saucisses grillées et tout et tout...
C'est par là que je trouve ma force