• En chacun de nous sommeille une Algérie

    Celle de la guerre pour ma génération 

    Voir les activités de l'OAS en France sans rien y comprendre

    Trop jeune

    Les retours de Pieds noirs

    Les traumatismes d'une génération de jeunes appelés

    Souvenirs

    J'ai une douzaine d'années

    Avec mes parents dans une pièce attenante à l'église Notre Dame du Bout du Pont

    Attendons une cérémonie de promesse de" guides"

    Mouvement de jeunesse catholique dont je fut

    Hélas

    Un piano droit contre le mur, couvert de poussière

    Mon père s'approche 

    Du bout du doigt il trace trois lettre OAS

    Regarde souriant son œuvre

    Je ne comprends pas 

     Longtemps, longtemps, plus tard, le sens de cette anecdote me sautera à la figure

    1962

    Une fille étrange arrive dans ma classe en cours d'année

    Maigre, timide, brune avec de magnifiques yeux bleus

    Un bras invalide

    Faites lui bon accueil dit la religieuse

    Elle a connu la guerre

    Je m'en ferai une copine

    Elle me parlera

    Algérie souvenirs équivoques

    Conscience de l'existence de révoltes nécessaires

    Levée d'un peuple colonisé

    Dont la vengeance est sans merci

    Lutte contre cette guerre inique

    Peut être pas si inique que ça au juste

    Puisque guerre de libération

    Forcément moche, très moche

    Chez nous

    Charonne et ses morts

    Ma grande sœur chérie y était

    (Je ne fus pas seule à m'opposer au père

    Elle m'avait devancé)

    Nous en parlâmes souvent

    Plus tard

    Mes épousailles dans une famille de pieds noirs

    Les grands parents ex exploitants d'une immense propriété

    Vivotant dans une HLM de Toulon

    Les yeux emplis d'un lointain pays chéri, perdu

    Incapables de se reconstruire une vie

    La cousine devenue niçoise

    Tu te rends compte, à l'ANPE je fais la queue avec les "crouilles"

    L'insulte raciste, jamais bien loin dans cette famille

    Je voudrai les fuir

    Malgré tout je comprends leur drame

    Et je ne puis me soustraire à tout

    Tenir tête malgré le drame

    Aimer ceux qui ne sont pas de votre bord

    J'appris cela

    Aujourd'hui, Algérie debout, en marche

    Celle là est mon Algérie

    Pleine de l'autre qui envahissait mon passé

    Avenir incertain

    Avancer

    Vie de tous les possibles

    Pour eux, pour nous

     

     


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  • Un marronnier dans la presse est un sujet récurrent

    Souvent meuble une activité moins attractive

    Mon blog héberge quelques marronniers

    Non pas que je n'ai rien à dire

    Mais que certains sujets occupent (trop) ma vie

    Les déverser ici soulage

    Vous l'avez compris

    Le précédent billet

    Le choix (ou le non choix)

    En est un

    Mais le marronnier est un arbre vénérable

    Souvenir

    Enfant, derrière la grande maison

    Une allée bordée de ces arbres mène au fond du jardin

    On y ramasse les marrons pour les batailles

    On y fait du vélo

    On y est à l'abris de la chaleur

    Autre marronnier aujourd'hui

    La pyrale du buis

    Réveil de la nature

    La lutte reprend

    Couper à la base les buis dévastés

    Brûler les bois infestés

    Ne pas les transporter

    Traiter ce qui semble survivre 

    Travail de mon compagnon ce week end dans notre montagne

    Espérons ainsi sauver une petite partie de ces arbres

    Couper a dégagé le chemin et la grange

    Finis les buis centenaires de plusieurs mètres de haut qui arrêtaient le regard 

    Se couvrirent de milliers de fils de chenilles 

    Rendant le passage impossible

    Une autre vie est en route

    Sans eux

    Avec les survivants

    Peut être

    Je vous souhaite un bon dimanche

    Marronnier

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Marronnier 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Marronnier


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    Si vous voulez on peut arrêter l'Ibrance un ou deux mois pour voir. Mais vos symptômes digestifs ne viennent probablement pas de là. Il y a l'hormonothérapie, la hernie hiatale, et peut être un fond dépressif et anxieux du à la maladie, souvent le lien est fort entre dépression, anxiété et système digestif

    Pourquoi avez vous ajouté ce traitement alors que vous disiez que l"hormonothérapie avait stabilisé le cancer?

    Question de timing uniquement, quand on vous a mise sous hormonothérapie, nous n'avions pas encore l'autorisation de mise sur le marché de l'Ibrance, si non nous l'aurions mis en première intention, ce que nous faisons dans les cancers de ce type. J'ai des patientes de plus de 80 ans sous ce traitement, Elles le supportent très bien. Chez les malades chroniques comme vous, il faut trouver le confort 

    Quel est le plus apporté par ce traitement?

    On constate un gain d'un an maintenant

    Un an sur combien? 

     Nul ne sait ne sait vraiment

    Vous pouvez vivre une dizaine d'année ainsi voir plus

    Oui il parait,

    Tous mes médecins me le disent, me le répètent

    Discuter régulièrement de sa finitude avec ses médecin 

    C'est ça le cancer chronique

    C'est aussi ça qui se rappelle à vous chaque jour ou presque

    Les morts de cancer ou de "longue maladie" qui surgissent dans l'actualité

    Résonnent en vous différemment

    Tiens celui là il avait 7 ans de plus que moi

    Merde celui là il était drôlement jeune

    Pourtant ce traitement est controversé ou en tous cas contesté pour le peu de résultats au vu de son coût, la revue Prescrire le dit

    La revue Prescrire démolit systématiquement les traitements

    Il n'y a pas qu'elle

    Je vous le dit, si vous voulez on peut faire une fenêtre

    J'étais venue avec mes questions précises,

    Refus d'entendre juste "c'est normal"

    J'ai eu mes réponses

    J'y vois plus clair

    Mais non

    Arrêter je ne le puis

    Impensable 

    Je m'en voudrai terriblement

    L'hormonothérapie resterait, elle qui est perturbante au moins à part égale

    Accepter reste la solution,

    Accepter les petits nodules cause de tous mes maux

    Depuis un an j'essaie

    Le titre de mon blog contient dés le départ cette acceptation

    Mon cancer, un compagnon

    Pas gagné

    Remettre en ordre de marche les résolutions prises il y a quelques mois

    Remettre en route régime anti hernie hiatale

    Ni alcool, café, chocolat, thé, agrumes, eaux gazeuses, aliments gras...

    Tu ferais mieux de faire la liste de ce qui est autorisé

    Dit mon compagnon

    Il a raison

    Méditation tous les jours

    S'accrocher, là le résultat est dans la régularité

    J'avais un peu laissé tomber

    Et penser, repenser à Lisbonne

    Mangé bien, pas bu, marché beaucoup,  tout bien

    Retrouver cette forme altérée par la mauvaise grippe/bronchite

    C'est long 

    C'est la solution

    La montagne est grise

    Les gilets jaunes n'ont pas reconstruit leur baraque

    Je vous souhaite un excellent week end

     


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  • Non je ne vais pas vous en parler de cette journée de la femme

    Vous allez l'entendre toute la journée dans le poste

    La lire dans vos feuilles de choux

    Le 8 mars, plus intime pour moi

    Date de naissance de ma mère, 1914

    Ma mère qui fut si peu mère

    Pas d'affection et une bataille permanente contre mes envies, désirs

    D'exister, de porter des pantalons, de m'habiller comme je voulais

    Mon refus d'être la petite fille modèle dont elle rêvait

    Huit enfants à élever, quatre garçons, quatre filles

    Souvenirs

    Repas de famille, une belle soeur interpelle ma mère

    Vous n'avez jamais été une grand mère, vous n'avez pas su vous occuper de nos enfants

    C'est vrai, j'ai fait le choix de mon mari, je ne le regrette pas

    Epouse avant d'être mère, ce fut son choix

    Quand mon père était là, nous faisions profil bas

    Adolescente 

    Comment tu me trouves, physiquement

    Pas mal dans l'ensemble, mais il ne faut pas regarder les détails

    Tu as la cheville épaisse (!)

    La bataille pour le port du pantalon sera mon sauveur vis à vis de la cheville

    Du statut de fille imposé, de l'inégalité avec mes frères

    Maman je voudrai faire du chant

     Tu rêves, tu n'as pas de voix

    Plus tard

    Toi on ne te paiera pas d'études parce que on a payé à ton frère et on ne peut pas plus

    De retour de Paris où je vis désormais

    Surtout ne nous parle pas de ce que tu vis là bas, nous ne voulons pas l'entendre, nous ne serions pas d'accord (années 68/70)

    Cela fit de moi une jeune femme profondément insécurisée, révoltée, abandonnique mais déterminée, batailleuse et parfois dure

    Enfin, à la fin de sa vie il y eut

    Quand je te vois élever ton fils je mesure les erreurs que nous avons faites

    Toi je ne t'ai pas élevée, tu t'es élevée toute seule avec tes frères et soeurs

    Je t'ai abandonnée

    Et lorsqu'elle se mit à me raconter sa vie avec sa mère la lumière fut

    J'eus l'impression qu'elle me racontait mon histoire, la négation de la fille, la valorisation des garçons

    Elle n'avait pas su se détacher de son histoire

    Elle avait reproduit avec moi ses rapports douloureux avec sa mère

    Tu sais à chaque grossesse je me faisais engueuler par ma mère,

    Avec une situation comme la votre on ne fait pas tant d'enfants

    Je me faisais engueuler par ton père qui allait encore passer pour quelqu'un qui ne savait pas se retenir

    Huit enfants, quatre désirés, quatre bébés "oginos" dont je suis

    Certainement des moments de désespoirs profonds à chaque grossesse

    Elle m'a donné sa force de vie et de résistance

    Présente à ses cotés sur la fin de sa vie j'ai entendu, compris

    Il a fallu ces petites années avant sa mort pour trouver la paix

    Mais pas de gestes affectifs, je n'ai jamais pu la toucher

    Après la mort de mon père elle devint la femme qui sommeillait en elle

    Elle fit de la photo, des voyages, se mit à écrire

    Choisit de vivre dans un foyer logement avec restaurant pour ne plus jamais cuisiner et être libre

    Les dernières années, chaque mois, un homme portait une rose rouge à la maison de retraite

    Dans le cahier de condoléance je découvris une petite phrase signée "l'homme à la rose"

    Elle avait 98 ans 

    Peu de chance que mes nodules me laissent en paix si longtemps

     

     

     


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  • ..."El amor Brujo" d'Israel Galvàn

    Aventure singulière et hypnotique

    "L'amour sorcier" de manuel De Falla

    Ensorcelante musique

    La musique de Manuel De Falla reste une énigme incandescente...

    Pour moi c'est comme si cette musique possédait le pouvoir de donner la fièvre, de faire pénétrer dans des enfers...

    ...On a beau avoir des portables, des ordinateurs, on continue d'avoir peur de ce qui peut nous être révélé. J'ai l'impression de me tirer les cartes avec De Falla. On est pas devant un sorcier qui va t'annoncer que tu vas mourir ou tomber amoureux, mais devant une puissance philosophique, plus intime, qui te renseigne sur l'état dans lequel tu te trouves.

    Au piano un organiste magicien Alejandro Roja, au chant un cantaor envoutant David Lagos, une interprétation de De Falla époustouflante, des improvisations et au milieu de cette scène un danseur habillé en femme, lui le Galvàn qui vous hypnotise littéralement.

    On en sort ragaillardi et heureux.

    Si vous le voyez à l'affiche pas loin de chez vous n'hésitez pas, ça ne ressemble à rien et pourtant c'est tellement connu

    Et même si c'est un peu loin n'hésitez pas non plus

    Galvàn apporte une vision toujours renouvelée des oeuvres qu'il aborde

    Il surprend. Si on le connait on l'attend, on sait la magie de ses mains, de ses doigts en arabesques, de ses pieds qui frappent à une vitesse vertigineuse, de son corps qui se délie, s'étend sans cesse ou se recroqueville brutalement. Oui si on le connait on reste tendu dans l'attente du geste, de la beauté, de la violence ou de la douleur, de l'ironie ou de la rage.

    De l'humanité

    Vous l'avez compris, je suis accro

    Je ferai des kilomètres pour le voir danser

    Hier soir 65KM pour nous 

     Si peu pour du bonheur

    Dehors les fadeurs et mièvreries du flamenco vulgarisé avec robes à pois et éventails

    Bonjour la force, la douceur, la violence, la vérité

    Oui une sorte de vérité sort de cette danse

    C'est cette vérité qui vous est livrée

    Qui se niche en vous 

    Israel Galvàn et ses deux compères ayant fait de De Falla un complice nous parlent

    Nous les recevons 

    Et à défaut de voir, re écoutez De Falla, c'est une sacré musique

     

     


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